L’engouement suscité par le Big Data et le recours grandissant à des solutions d’analytique en entreprise ont conduit à une segmentation du marché de la BI. Solutions classiques, open source, mobiles, en libre-service… Chaque solution a ses spécificités. Dans ce panorama technologique, les solutions de BI embarquée, ou « embedded BI » présentent des atouts particulièrement convaincants. Découvrez les avis et retours d’expérience de 3 experts sur la solution de BI embarquée Jaspersoft.

 

 

Quelles sont les spécificités de l’embedded BI par rapport à la BI classique ?

Nicolas Degroodt : Une solution d’embedded BI telle que TIBCO Jaspersoft permet à des utilisateurs non techniques d’accéder facilement aux données et de s’appuyer sur des fonctionnalités de reporting et d’analyse pour prendre de meilleures décisions. Mais à la différence d’une solution de BI traditionnelle, l’embedded BI permet d’embarquer ces fonctionnalités au sein des applications sans avoir besoin de passer par une nouvelle plateforme. L’interaction avec les données est beaucoup plus rapide et transparente : l’utilisateur peut analyser les informations sans quitter le logiciel sur lequel il travaille et sans même se rendre compte qu’il exploite une autre solution.

Guillaume Autier : Quiconque a déjà imprimé un billet de train en PDF a déjà utilisé TIBCO Jaspersoft. La solution peut effectivement être exploitée dans de nombreux environnements sans que l’utilisateur en ait conscience. Le billet de train est un excellent exemple car il renvoie à la finalité première de TIBCO Jaspersoft, à savoir la présentation de données. Les usages ont ensuite évolué vers du reporting interactif et de l’analytique, avec des niveaux d’intégration très larges – du reporting jusqu’à la data exploration, en passant par la BI en self-service. Grâce à son déploiement simple, TIBCO Jaspersoft est utilisé dans des environnements très variés. Si vous avez un blog et que vous consultez régulièrement vos statistiques de fréquentation via un graphique dans votre CMS, il y a de forte chance que cette solution repose sur TIBCO Jaspersoft.

Fabrice Roger-Dalbert : L’embedded BI répond à des enjeux de flexibilité et d’adaptabilité. D’expérience, nous démarrons souvent les projets avec une approche tournée vers l’intégration du reporting traditionnel. Puis, à l’usage, nos clients se rendent compte qu’ils ont besoin d’autonomie dans la visualisation et l’exploration des données et qu’il serait contre-productif de passer systématiquement par les services informatiques pour obtenir telle ou telle information. A ce moment-là, il est intéressant de pouvoir s’appuyer sur les technologies déjà utilisées pour effectuer la transition vers le self-service BI. C’est un gain de temps considérable.

 

Pouvez-vous citer un exemple d’implémentation de la solution TIBCO Jaspersoft ?

Nicolas Degroodt : Les exemples sont nombreux, nous pourrions évoquer le cas d’une association de pharmaciens qui a fait appel à Audaxis pour intégrer des tableaux de bord aux logiciels de gestion utilisés par ses membres pour le suivi de leurs activités. Dans ce projet, la principale problématique était la multiplicité des sources de données à intégrer, les tableaux de bord étant également conçus pour des associations soeurs. Nous avons dû faire face à des enjeux de volumétrie et de gestion complexe de la sécurité d’accès aux données, ce qui n’a rien d’étonnant pour un projet impliquant plus de 1600 utilisateurs. En nous appuyant sur TIBCO Jaspersoft en édition professionnelle, nous avons pu mener à bien ce projet en 3 mois. Les outils de reporting ont été modernisés et l’amélioration de l’ergonomie des fonctionnalités BI a permis de redonner la main aux utilisateurs, ce qui a fortement décongestionné le département IT qui avait du mal à absorber les demandes.

 

Pourquoi s’appuyer sur de l’embedded BI pour intégrer le décisionnel à une application ? 

Fabrice Roger-Dalbert : TIBCO Jaspersoft est conçu pour être embarqué, donc il intègre nativement des mécanismes qui permettent l’embedding, ce qui n’est pas le cas de tous les outils.

Nicolas Degroodt : L’avantage de TIBCO Jaspersoft est qu’il repose sur des standards. La plateforme est très facile à intégrer. Il y a plusieurs manières d’intégrer de la BI et elles fonctionnent toutes avec TIBCO Jaspersoft.

Guillaume Autier : Nous avons effectivement la volonté de n’imposer aucune technologie, en dehors de Java qui reste le standard habituel. L’architecture de TIBCO Jaspersoft repose sur des standards JEE, il est donc possible de l’installer sans aucun problème sur du Tomcat, JBoss ou Websphere, par exemple. Le choix de la plateforme dépendra uniquement de ce qui est attendu et surtout des compétences disponibles en interne.

 

Quel est l’intérêt de recourir à une plateforme Open Source de Business Intelligence plutôt qu’à une plateforme packagée ?

Nicolas Degroodt : Contrairement aux solutions trop packagées qui ne conviendront que pour certains contextes métiers, TIBCO Jaspersoft est très facilement adaptable.

Guillaume Autier : Les capacités d’extension sont une caractéristique forte de TIBCO Jaspersoft. On peut prendre l’exemple d’une compagnie aérienne qui souhaitait proposer des statistiques sur les blessures causées par les turbulences lors d’un vol en avion grâce à un diagramme représentant les différents impacts sur le corps humain ou la structure de l’appareil. Aucun outil sur le marché n’aurait permis d’obtenir ce diagramme sans le coder intégralement. TIBCO Jaspersoft a permis cela grâce à sa nature open source. TIBCO Jaspersoft est très respectueux des standards et en particulier de Java, donc le développeur suffisamment créatif peut intégrer tous les éléments qu’il souhaite et les partager.

 

 

 

Les solutions d’embedded BI sont-elles compatibles avec des exigences d’optimisation de l’expérience utilisateur ?

Nicolas Degroodt : C’est précisément l’un des objectifs de l’embedded BI. Les technologies TIBCO Jaspersoft adoptent la présentation de l’application dans laquelle elles sont embarquées, ce qui permet d’obtenir une expérience utilisateur totalement transparente. Pour la plupart des projets sur lesquels j’ai travaillé, j’ai pu constater une forte adhésion des utilisateurs pour le self-service BI et les rapports à la demande.

Fabrice Roger-Dalbert : TIBCO Jaspersoft est une solution qui favorise la démocratisation de la BI. Le plus intéressant est que le phénomène s’opère du côté des utilisateurs métiers comme du côté de la direction, ce qui n’était pas forcément attendu… Avant l’émergence du self service BI, les dirigeants n’étaient pas très enclins à passer du temps sur les reportings. En acquérant de l’autonomie dans la visualisation des données et notamment les dashboards, ils se sont en pris au jeu et sont devenus des utilisateurs très actifs.

Guillaume Autier : Cet engouement de la direction pour la BI est d’autant plus logique que TIBCO Jaspersoft est un formidable outil de management. Qu’il s’agisse de visualiser combien de contrats de maintenance ont été vendus ou de faire le bilan sur les formations du personnel, l’ergonomie de la solution permet une adoption rapide. L’expérience utilisateur est un élément clé pour les gros déploiements. Quand on s’oriente vers une utilisation de masse, on ne peut se permettre de former tout le monde : la solution doit être la plus intuitive et la plus sécurisée possible.

 

Comment gérer efficacement l’aspect sécurité dans un projet BI ? Quels sont les apports de TIBCO Jaspersoft à ce niveau ?

Guillaume Autier : La sécurité est un point essentiel lorsque l’on diffuse la solution en masse. L’exemple le plus flagrant est celui de l’édition de comptes bancaires. Une mauvaise gestion de la sécurité pourrait conduire à de graves erreurs sur les titulaires des relevés de comptes édités. C’est pourquoi la sécurité est un élément très bien intégré dans TIBCO Jaspersoft. Elle se base sur une notion simple d’utilisateur, de groupes d’utilisateurs, d’organisation et d’attributs. Avec ces 4 éléments, on peut aller très loin dans le contrôle des accès aux différentes ressources.

Fabrice Roger-Dalbert : Sur de gros projets impliquant plusieurs continents et un grand nombre d’utilisateurs, la sécurité est bien évidemment primordiale. Les droits d’accès applicables aux données doivent être scrupuleusement respectés. L’enjeu sera de mettre en place dans l’outil de BI un niveau de sécurité équivalent à celui que l’on trouve dans la solution métier par exemple. TIBCO Jaspersoft intègre des mécanismes qui facilitent ce travail de transposition.

 

Quels sont les apports du Framework Visualize JS pour les développeurs ?

Guillaume Autier : Les developpeurs web ont souvent l’habitude d’utiliser des solutions comme AngularJS ou jQuery… Mais ils n’ont pas envie de passer du temps à chercher dans les API d’une application de BI pour permettre l’affichage d’un graphique. Bien souvent, ils préféreront prendre directement la librairie graphique et coder eux-mêmes… Visualize JS simplifie le travail du développeur en lui permettant d’afficher un rapport à un endroit précis de la page, avec seulement quelques lignes de code.

Fabrice Roger-Dalbert : Avec Visualize JS, le rapport présent dans TIBCO Jaspersoft devient une composante de l’application. C’est intéressant en termes de simplicité et de rapidité d’intégration. Nous pouvons prendre par exemple un graphique qui illustre les données de vente et l’embarquer directement dans une page avec peu de code.

 

 

 

Pensez-vous que TIBCO Jaspersoft peut participer à une meilleure appropriation des applications ?

Guillaume Autier : Oui, j’en suis persuadé. Le problème avec la plupart des applications est qu’il faut convaincre les gens de s’en servir. Sans quoi le projet est un échec, que l’application soit de qualité ou pas. La BI participe effectivement à cette appropriation : par exemple, les utilisateurs qui visualisent le nombre de clients contactés les 3 derniers jours via un tableau comparatif auront immédiatement envie d’adapter le graphique en leur faveur. On peut parler d’un phénomène de « ludification», c’est-à-dire que l’on transpose les mécaniques du jeu dans un domaine métier pour améliorer l’implication des équipes.

Fabrice Roger-Dalbert : Pour rester dans le domaine du CRM, les outils de BI doivent donner aux commerciaux l’envie de manipuler les données. Mais pour y parvenir, il faut prendre garde de ne pas noyer l’utilisateur dans une trop grande masse d’informations qui risquent de l’éloigner de sa mission initiale. Je pense que la BI participe à l’appropriation des applications, mais uniquement dans la mesure où l’on réfléchit bien à ce que l’on met à disposition. Mieux vaut démarrer avec un petit nombre de fonctions BI puis évoluer au fil des besoins. Il n’y a aucun intérêt à proposer des analyses très riches avec de nombreux reports si l’ensemble n’est pas en adéquation avec les aspects opérationnels du métier.

 

Quels sont les principaux écueils d’un projet BI et quels conseils donneriez-vous aux chefs de projets pour les éviter ?

Fabrice Roger-Dalbert : Je pense que le plus gros écueil concerne les données. Je rencontre souvent des responsables marketing qui souhaitent réaliser des analyses diverses et variées, mais le problème et qu’ils ne disposent pas de données exploitables dans leurs applications. Avant d’envisager l’analytique, il faut déjà avoir les données, c’est en quelque-sorte la matière première ! N’oublions pas que l’outil de BI n’est qu’un moyen d’accéder aux informations et de les représenter.

Nicolas Degroodt : Il faut également veiller à la qualité des données. Si l’entreprise possède des données fausses ou de mauvaise qualité, toute l’analyse qui en découle sera biaisée. L’autre difficulté concerne l’architecture, qui n’est pas toujours propice à la BI. Il y a souvent un gros travail à réaliser pour transformer les données de façon cohérente et les préparer pour l’analyse. Alors que le client recherche souvent l’immédiateté, nous devons expliquer la nécessité de travailler les données avant de les délivrer. C’est un aspect difficile à faire comprendre aux métiers, car aux antipodes de la notion de self-service…

Guillaume Autier : Je dirais que le principal écueil concerne la phase de spécification. J’ai souvent affaire à des responsables qui réduisent l’expression de leur besoin à un énoncé simplissime : « je veux tout voir, tout de suite ». Chez TIBCO Jaspersoft, notre métier consiste aussi à expliquer que cela n’est pas la meilleure façon de définir un besoin. Je rejoins totalement Nicolas et Roger à ce niveau : la donnée est capitale, il faut bien cerner ce dont on dispose, comprendre pourquoi telle information est plus importante que telle autre, définir précisément ce que l’on souhaite visualiser, à quelle population on s’adresse et comment les utilisateurs vont interagir avec les fonctionnalités de BI. C’est important car cette phase de spécification est la cause n°1 d’échec des projets.

Il y a également un autre écueil en lien avec l’open source. Notre environnement étant ouvert, tout le monde peut proposer ses services, y compris des « experts » qui n’ont en réalité aucune certification et peuvent commettre des erreurs graves. C’est pourquoi TIBCO Jaspersoft a développé une édition professionnelle afin de développer un réseau de partenariat autour de spécialistes formés à l’environnement TIBCO Jaspersoft. Au final, le conseil que je donnerai est simple : définissez bien votre projet dans une démarche indépendante de toute technologie, cela vous guidera grandement dans le choix de vos partenaires (éditeurs et intégrateurs).

 

À propos des experts

Guillaume Autier
Director Solution Consultants EMEA
TIBCO Jaspersoft

Guillaume Autier est Directeur Avant-ventes EMEA chez TIBCO Jaspersoft, il a 20 ans d’expérience dans l’industrie et l’implémentation de systèmes d’informations.
Avant d’intégrer TIBCO, Guillaume a occupé les postes de consultant IBM Lotus Notes pour la communauté urbaine de Cherbourg, de directeur informatique pour la ville de Granville. En 2005, il fondera la société SIL (Solutions Informatiques
Libres) cabinet de consulting spécialisé systèmes d’informations Open Source en Normandie. Guillaume intégrera la société Jaspersoft en 2008 et en deviendra le Directeur Technique EMEA en 2012.

Nicolas DEGROODT
Data Consultant
Audaxis

Nicolas Degroodt est issu du département des sciences informatiques de l’Université Libre de Bruxelles en option gestion. Durant ses études, Nicolas s’est spécialisé dans la gestion des données (Data Mining et Data warehouse) à l’Université d’Aalborg (Danemark) et dans le Big Data lors de son mémoire. Après diverses expériences dans l’intégration de données au sein d’une startup, Nicolas a commencé sa carrière en tant que Consultant ERP au sein d’Audaxis. Il a participé à de nombreux projets
(en tant que développeur, consultant et chef de projet) au sein d’environnement de travail très différents (TPE, PME, banque, grande entreprise).

Fabrice ROGER-DALBERT
Directeur Technique Associé
Androcom

Fort de 15 années d’expérience en tant que conseil et intégrateur de solutions, Fabrice Roger-Dalbert a été à la fois témoin et acteur du développement des solutions de Business Intelligence. Aujourd’hui, il constate à quel point la BI est perçue par les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs comme une composante essentielle du système d’information, qu’il s’agisse de mettre en oeuvre un projet ERP, une application métier ou une architecture SI. Il est actuellement directeur technique associé chez Androcom, société spécialisée dans la conception et l’intégration d’applications Business.

 

 

Source : TIBCO Jaspersoft, Interview croisée BI EMBARQUEE : L’embedded BI vue par 3 experts en analytique décisionnelle.

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